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Il est aisé de lâcher sa petite phrase en matière de protection de l’environnement ; le meilleur exemple est donné par le Ministre de l’Environnement si prompt à se faire
photographier sur les glaces en fonte du Groenland (alors que son déplacement en avion a déversé une bonne quantité de gaz à effets de serre dans l’atmosphère…) mais si hésitant à
prendre des engagements concrets en faveur de la sauvegarde
de notre bien à tous, la Terre .
Je suis persuadé que la tenue du « Grenelle de l’environnement » permettra aux citoyens de se rendre compte que le Président ne prendra aucune mesure réglementaire qui puisse être perçue comme
financièrement contraignante par les divers pollueurs (lobby pétrolier, multinationales de l’agriculture industrielle, etc…) . Arborer une cravate verte devant les caméras de télévision ne nous
fera pas oublier que la faible marge de manoeuvre budgétaire qui était disponible (alors que 15 milliards d’Euros du « bouclier fiscal » sont dépensés en faveur des plus riches), aurait pu
substantiellement être consacrée à la création d’une TVA « écologique » rendant moins onéreux les produits « bio » labellisés. Prenons nous à rêver d’un président de la république qui gesticule
moins devant les caméras mais qui agisse plus…
Au-delà de ses intentions de façade, force est de constater que la France est restée à la traîne en terme de réalisations concrètes éco-responsables. N’oublions pas de rappeler les défis suivants qui s’imposent à nous tous :
- particuliers : nous sommes tous redevables de ces petits gestes qui en
s’additionnant contribuent à limiter la détérioration de notre environnement
(limiter sa consommation d’eau et d’électricité, trier ses déchets, acheter de façon croissante des produits agricoles et industriels éco-labellisés, acheter un véhicule « propre » et le conduire
de façon souple, etc…),
- administrations (Etat et collectivités territoriales) : Donner une importance primordiale au critère « rejet de CO2 » lors des acquisitions de véhicules, s’engager sur un objectif de 20 %
d’achats de produits alimentaires « bio » (en particulier pour l’alimentation des écoliers-collégiens-lycéens, développer les projets de transports en commun « propres », investir dans des
constructions et dans des rénovations immobilières « éco-responsables » (démarche H.Q.E.), aider financièrement les projets de recherche-développement des entreprises souhaitant investir dans des
projets industriels « éco-responsables ».
- entreprises : Chefs d’entreprise, ayez le courage d’analyser la rentabilité à moyen et à long terme des projets d’investissement « éco-responsables » ; cette démarche sera commercialement
porteuse et vous pouvez obtenir des aides, des garanties d’emprunts ; osez solliciter les banques ! Les débouchés vont se développer au cours des mois qui viennent alors ne soyez pas à la traîne
par rapport à vos concurrents sur l’obtention de certifications et labels environnementaux.
Chaque catastrophe climatique est là pour nous rappeler que s’imposent désormais des changements drastiques dans nos mentalités. Nous n’aurons plus d’excuses envers nos enfants à qui nous
léguerons une planète dont nous sommes collectivement tous responsables.
Philippe FRANK – 07/11/2007
Publié le 11/11/2007 à 20h20 dans Environnement