A force de manier maladroitement le débat sur l’identité nationale on finit par déraper. En la matière, de nombreux responsables de l’UMP excellent dans l’art de la sortie
de piste. La main sur la poitrine on joue ainsi au « plus Français que moi tu meurs ».
On s’enflamme et on lâche alors une phrase si spontanément sortie du cœur « quand il y en a qu’un ça va, c’est quand il y a en a trop que ça ne va pas ». Acte 1, Brice HORTEFEUX où le parfum de colonialisme condescendant. Dans le même moment, le Président de la République drague le mouvement politique de Philippe De Villiers en vue des prochaines élections régionales. Acte 2, Nicolas Sarkozy où la tentation de vendre son âme au diable.
Enfin, on ne s’embarrasse pas d’exigence sémantique en associant gaiement « insécurité » et « immigration. Acte 3, Nicolas Sarkozy où le délire sécuritaire d’un ex-ministre de l’intérieur surpris en aveu d’échec. Viennent alors les mauvais sondages dont les résultats laissent présager une victoire totale du Parti Socialiste aux prochaines élections régionales. Cette soi-disant sociale-démocratie française en crise remporterait ainsi la totalité des 22 régions. C’en est trop pour une droite alors tentée de faire le coup du 21 avril 2002 en brandissant le fantasme populiste « insécurité-immigration ».
C’est ainsi que dans la surenchère générale en cours au sein de l’UMP, Nadine Morano déclare « Moi ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve du travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan ou qu’il mette sa casquette à l’envers… ». Acte 4, l’affirmation d’une vision de la diversité à la « Ya bon, ya Banania » dans laquelle le musulman est diffamé et invectivé. Nous devrions ainsi comprendre des propos stéréotypés de Nadine Morano que le musulman est forcément un jeune rappeur probablement pas français, qui n’aime pas le pays dans lequel il vit, qui se contente de parler le verlan et qui ne travaille pas bien entendu.
Au passage, le jeune musulman est-il responsable des 300.000 chômeurs de plus en 2009 imputables au gouvernement de Nadine Morano ? Comment ne pas ressentir un réel dégoût à l’égard de cette droite nauséabonde qui invective et menace ainsi « le vivre ensemble » de notre communauté nationale ? L’UMP espère-t-elle ainsi provoquer des émeutes en banlieue susceptibles de lui faire gagner une région ou deux lors des élections de mars 2010 ?
Le Parti Socialiste défend quant à lui la vision de « la France qu’on aime » caractérisée par des identités ouvertes, multiples et assumées d’un peuple qui voyage et échange avec autrui. Le cœur de gauche ne se laisse pas aller au sentiment de haine et de méconnaissance de l’étranger. Rose à la main, les socialistes s’enrichissent et s’enorgueillissent des identités multiples. Nous ouvrons nos portes et nos rangs à une France citoyenne du monde, tolérante et confiante en son avenir.
Philippe FRANK
Secrétaire de Section
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