Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 19:38

joubert.jpg Le rectorat de Créteil a lancé  à partir du 5 octobre une expérience dans trois lycées de l’académie, visant, selon les affirmations du Ministère de l’Education nationale, à agir sur l’absentéisme.  Le lycée professionnel Gabriel Péri situé sur notre commune, a été choisi pour le test : il s’agit de mettre à disposition d’une classe une somme de 2000 euros, en échange d’efforts d’assiduité. Le montant de la cagnotte peut aller jusqu’à 10.000 euros, ceci en fonction du degré d’implication et de responsabilisation des jeunes concernés.

La somme obtenue par la classe doit servir à réaliser un projet collectif, comme une sortie ou l’achat de matériel. Cette expérience devrait permettre de préciser les contours d’une expérimentation plus large. Si ce test donne des résultats significatifs, il pourra être mis en œuvre dans d’autres établissements. Ce projet est issu du travail de Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives et de son équipe. 
 


Cette initiative a suscité de nombreuses réactions dans le monde éducatif, auprès des parents d’élèves, sans compter les avis très partagées des acteurs politiques et médiatiques.

Le moyen utilisé, la carotte financière est plutôt prosaïque. On peut douter qu’il suffise à enrayer un phénomène récurrent et assez ancien : le décrochage scolaire. Cette mesure ne s’attaque pas à la racine du problème, à savoir la ou les causes du rejet de l’école.


Le risque est qu’apparaisse une soudaine motivation liée à l’espoir d’un gain financier, très  éloignée d’un désir d’apprendre. Le danger est que certains élèves peu motivés considèrent qu’il est tout à fait envisageable qu’on les « paie » pour un temps de présence. C’est même une revendication entendue dans les salles de classe.  Si l’expérience devait être étendue, il ne faudrait pas que l’assiduité soit élevée au rang « d’une activité professionnelle ». On irait à l’encontre de ce qui est souhaitable et souhaité.


Cette mesure peut aussi paraître injuste si on se met à la place des élèves sérieux, issus de familles qui font de gros efforts pour aider leurs enfants. Une classe composée de « bons élèves » ne sera pas reconnue parce qu’elle ne pose pas de problèmes à l’institution. Et, cette classe-là ne sera pas aidée pour réaliser un projet collectif, ni valorisée de ce fait.


Enfin, introduire dans l’école un rapport d’argent même pour d’excellentes raisons, c’est faire rentrer le loup dans la bergerie.  Le Président de la République affirme haut et fort que l’école doit être un sanctuaire à l’abri de la violence. Alors préservons-la des tentations financières car apprendre ne doit pas et ne peut pas se monnayer. Tout n’a pas une valeur marchande ! Rappelons aux élèves qu’ils travaillent avant tout pour eux afin de se préparer le meilleur avenir possible.

 


Monique JOUBERT

Conseillère Municipale

 

Par ps section Champigny sur Marne - Publié dans : Tribunes libres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés