La Grippe A a largement
occupé les médias cet été. En charge du secteur de la santé, je peux rassurer les inquiets : dans notre ville, tous les moyens sont mis en œuvre pour appliquer le plan national de prévention
et faire face à l’épidémie. Sans minimiser l’actualité, nous ne sommes pas dupes des sujets importants que le gouvernement a essayé de nous faire oublier, notamment sa « grande réforme
territoriale ».
Celle-ci aura, n’en doutons pas, des incidences graves sur l’équilibre territorial, la démocratie de proximité et la répartition des compétences entre les collectivités territoriales, dans
le Val de Marne et à Champigny.
Cette réforme consisterait en la fusion des départements et régions, avec un seul élu (conseiller territorial), en la diminution du nombre de communes avec l’achèvement de la carte intercommunale et la création de grandes métropoles. Par ailleurs, elle prévoirait la suppression de la taxe professionnelle (TP), une refonte des modes de scrutin et un redécoupage électoral.
Renforcer l’intercommunalité, voire développer des métropoles, pourrait permettre de mutualiser les moyens et de bâtir des projets plus ambitieux offrant un meilleur service à la population, en matière de développement économique, infrastructures, etc. Mais il est hors de question que cela se fasse au détriment des communes qui, depuis le désengagement massif de l’Etat dans de nombreux domaines, sont plus que jamais indispensables.
Ces mesures mettront à mal les collectivités : nous ne savons toujours pas comment sera compensée la suppression de la TP. Où la ville trouvera-t-elle alors les ressources
nécessaires aux actions municipales en cours ? En remettant en cause le rôle des élus locaux, c’est la démocratie de proximité qui est menacée. Comment les élus départementaux pourront-t-ils
mettre en œuvre des politiques et des services adaptés aux besoins des habitants s’ils en sont éloignés géographiquement ?
Finalement, cette réforme n’aura pas pour conséquence de moderniser le pays. Couplée au redécoupage électoral, elle vise surtout à permettre à la Droite de récupérer électoralement des collectivités locales majoritairement dirigées par la Gauche.
Les mesures « concoctées » par le gouvernement annoncent la fin de la décentralisation initiée par les lois Mauroy-Defferre dans les années 80. Les élus socialistes s’y refusent et entendent bien se mobiliser pour éviter ce saccage.
Marie-Odile DUFOUR
Présidente du groupe socialiste municipal
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