Partager l'article ! Vidéo en trompe l’œil !: Le marché de la vidéosurveillance est en pleine croissance. Le public est demandeur de sécurité. En présent ...
Le marché de la
vidéosurveillance est en pleine croissance. Le public est demandeur de sécurité. En présentant
ses vœux en 2008, la Ministre de l’Intérieur a déclaré qu’elle programmait le triplement du nombre de caméras sur la voie publique d'ici la fin 2009.
Au début de cette année, la Direction générale de la Sécurité publique a annoncé la suppression de 4 800 emplois dans la
Police nationale d’ici 2011. Il faut reconnaître à ces déclarations le mérite de la clarté : il s’agit de remplacer les personnels de police par des
caméras !
Compte tenu du coût considérable des dispositifs de vidéosurveillance, il n’est pas inutile que nous nous interrogions sur leur efficacité. Or, qu’apprenons-nous ?
Dans le "rapport d’information sur la vidéosurveillance" présenté en décembre 2008 par deux de nos
Sénateurs, nous découvrons que la France n’a pas encore produit d’évaluations solides sur le sujet. Et pourtant, pompeusement re-nommée "vidéo-protection", celle-ci demeure perçue par les décideurs comme un instrument efficace de prévention.
Pour obtenir des informations valables sur la vidéosurveillance, il faut nous tourner vers nos voisins britanniques. Ce que confirme "Vidéosurveillance et espaces publics", un document publié en octobre 2008 par l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme : les Britanniques ont plus de caméras que n’importe quel autre pays d’Europe. Or l’Institut précise que, malgré les
millions de livres dépensés dans cette nouvelle technologie, il n’y pas eu d’impact significatif sur la criminalité en Angleterre. A l’appui de cette
affirmation il cite les évaluations réalisées dans plusieurs villes du Royaume ainsi que la déclaration de l’inspecteur en chef, Mike Neville.
Celui-ci a déclaré, lors de la "Conférence mondiale sur la Sécurité" qui s’est tenue à Londres en
2008 : « Des millions de £ ont été dépensés sans penser à la façon dont Police et Justice allaient utiliser ces images. C’est un fiasco total.
Seuls 3% des crimes ont été résolus grâce à la vidéo. Il n’existe pas de peur de la vidéosurveillance. »
En résumé, contrairement aux idées reçues, la vidéosurveillance sur l’espace public n’a pas
l’efficacité qu’on lui prête. Elle ne remplace pas davantage les effectifs de police. Bien au contraire, les images nécessitent l’analyse de personnels de police supplémentaires, spécialement
formés pour alerter à bon escient leurs collègues restés sur le terrain. Encore faut-il que ces derniers soient en nombre suffisant !
Jean-Pierre Rivallain
Adjoint au Maire
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