Le Parti Socialiste de Champigny-sur-Marne invite les
Campinois(e)s à visiter le site internet consacré aux 10 grands chantiers de réflexion socialiste en matière d'éducation nationale. Le souhait des créateurs de ce site internet
http://www.agirpourleducation.fr/ repose sur la participation des
citoyens à l'élaboration d'un projet éducatif novateur et alternatif à la vision destructrice (suppression programmée de plus de 33.000 postes d'enseignants) de Xavier DARCOS .
Pour le Parti Socialiste de Champigny-sur-Marne, tout projet de loi en matière éducative devrait s'appuyer sur des démarches de concertation approfondie réalisées avec les acteurs essentiels de
la communauté éducative (syndicats d'enseignants et associations représentatives des parents d'élèves).
Enfin, on ne peut appeler de ses voeux une amélioration des résultats scolaires des établissements sans poser la légitime question des moyens humains (le nombre d'enseignants déterminé en
fonction d'un objectif de réduction du nombre d'élèves par classe) et matériels (dont l'informatisation appliquée aux méthodes d'enseignement).
Philippe FRANK
Secrétaire de Section
philippe.frank@gmail.com
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Soulever le levier de la peur, agiter la menace de l’insécurité, faits divers à l’appui, pour doper ses résultats électoraux la droite est maintenant coutumière du fait. Cette manipulation politique et médiatique était déjà pitoyable. Appliquée à l’école et aux enfants qui y grandissent, elle devient dangereuse et totalement irresponsable. Au-delà du cynisme de cette démarche, c’est aussi et avant tout la traduction d’une idéologie bercée de préjugés stigmatisants et d’un profond désintéressement pour la réduction des inégalités sociales et territoriales.
Le Président de la République appelle de ses vœux la « sanctuarisation » de l’école. L’école n’est pas un lieu saint, les enfants même les plus violents n’en sont
pas les profanes. Le cloisonnement de l’école, l’isolement des enfants et des adultes qui les entourent est un danger immense et la pire des solutions. Lieux de vie, de socialisation de nos
enfants, point de repère ancrée dans leur territoire, l’école doit être ouverte, accueillante et synapse des réseaux d’apprentissage des savoirs, de la citoyenneté et du vivre ensemble. Enfermer
et cloisonner l’école est un renoncement absolu, une grave erreur. C’est la négation même de sa fonction de lien social.
Les propositions de Nicolas Sarkozy sont stigmatisantes, illusoires et destructrices.
Stigmatisants sont les projets d’installation de portique de détection d’armes et la fouille. Il n’y a pas d’augmentation de la violence globale dans les écoles
mais une concentration de celle-ci sur certains territoires. Inutile de décrire ces quartiers les plus isolés, les plus pauvres, les plus touchés par le chômage, les plus fragiles, les moins
aidés.
La réponse que nous apporterions à ces jeunes désarmés au point de s’armer serait une dose supplémentaire de stigmatisation, de mépris et d’humiliation ? Installer ces dispositifs coûteux et
inefficaces est un coup fatal porté à la mixité sociale car quel parent qui en aura la possibilité n’essaiera pas d’épargner à son enfant le collège où« on fouille » ?
Contrairement à ce que laisserait entendre les raccourcis faciles utilisés par le Président de la République il n’existe pas une mais des violences juvéniles appelant des réponses très diverses.
Que des enfants détiennent des armes n’est pas acceptable et est un triste reflet de la violence de l’univers dans lequel ils évoluent mais cela ne signifie pas pour autant que tous ces enfants
soient effectivement violents. Quelle sera l’efficacité des portiques de sécurité face aux massacres d’enfants par un de leur camarade que le Président prend en exemple ? Nul évidemment.
Ces actes heureusement isolés d’infini désespoir sont les conséquences d’un mal être profond, parfois aussi d’une intégration manquée dans l’école et c’est sur le diagnostic et le traitement de
ce mal être, sur l’intégration des enfants les plus isolés ou marginaux qu’il faut travailler. De plus en plus d’agressions interviennent d’enfants à adultes c’est un révélateur terriblement
inquiétant des craintes des enfants vis-à-vis de leur avenir, c’est aussi le résultat particulièrement injuste du discrédit jeté sur le monde enseignant dont Nicolas Sarkozy porte une
responsabilité personnelle. Contraindre les professionnels de l’éducation à « fouiller » leurs élèves accentuera encore la rupture et générera à n’en point douter une violence
grandissante.
Illusoire est la création d’une « force mobile d’agents assermentés, recrutés et formés ». Quelle formation est donc envisagée pour ces agents censés remplir des
missions de « prévention et de dissuasion » ? Des associations, les professionnels de l’éducation, les policiers eux même interviennent déjà efficacement dans les écoles pour des missions de
prévention. Pas assez sans nul doute. Qu’en est il de la mission de dissuasion ? Quel est exactement le champ d’action qui n’est pas encore investi en amont de l’incident par les acteurs de
préventions ou en aval par les services sociaux de justice et de police ?
Renforcer la prévention existante est une nécessité. Accompagner, aider et parfois punir les jeunes ayant commis un délit en prenant en compte son age, son environnement et en lui apportant une
réponse constructive doit se faire en lien et en concertation avec nos services publics. Ne jetons pas une fois de plus le trouble sur leurs missions, elles sont complémentaires mais
nécessairement différentes. L’espoir d’insertion, de progression, d’évolution positive est il encore permis à notre jeunesse ? Encore faudrait il que nos décideurs croient en sa possibilité même
et ne juge pas cette jeunesse comme perdue d’avance et forcément coupable de sa condition.
Destructeur le projet de Xavier Darcos, habilement passé à la trappe dans l’intervention du Président de la « responsabilisation des parents ayant définitivement
démissionné à l’aide de sanctions financières ». Comment pensait on évaluer le caractère « définitif » de la démission des parents ? Quels parents même les plus démunis, les plus isolés ne
souhaitent pas l’épanouissement de ses enfants ? L’évocation de cette mesure relaie habilement le mythe de l’assisté qui, mauvais parent de surcroît, se paye le luxe de vivre grassement sur les
allocations payés par d’honnêtes gens. Oui certains parents n’ont plus la force, plus l’énergie, plus l’espoir nécessaire à dispenser une éducation attentive, travail de chaque jour à leurs
enfants.
Rappelons que ces parents sont peut être dans un grand nombre de cas des hommes et des femmes au parcours brisé par un incident personnel ou professionnel, seul, au chômage ou au contraire
accaparés par un travail usant ou situé trop loin de leur domicile enclavé dans un quartier mal desservi. Ces parents ne bénéficient peut être pas du même accès à l’information que ceux qui ont
imaginé cette proposition, pas des mêmes réseaux, pas des mêmes moyens pour venir en aide à leur enfants ? Punissons les ! Ils sont de mauvais parents et Monsieur Darcos devait nourrir l’espoir
qu’ils se révéleraient bien plus efficaces une fois « responsabilisés » par ses soins.
Dire et affirmer tout cela avec force ne repose pas sur une vision angélique des problèmes de l’école, de certaines écoles, de quelques enfants. A un moment parfois
cruel et difficile qu’est l’adolescence, des enfants portent en eux une grande violence et la traduisent parfois dans les mots et dans actes. Nous ne devons pas tolérer ces passages à l’acte,
nous devons les prévenir et les condamner.
Mais croire encore qu’il soit possible et souhaitable que parents et enfants puissent pénétrer sans entrave dans les enceintes de nos établissements ne revient pas à un aveuglement face à
certaines dérives ou violences bien réelles. Il faut s’atteler à apporter des réponses et des solutions existent. Nous devons donner à l’école les moyens de protéger les générations d’enfants qui
les traversent. Les chiffres des suppressions de postes dans les métiers de l’éducation sont directement corrélés avec l’augmentation des violences et le gouvernement ne peut ignorer ce
phénomène.
Les conseillers principaux d’éducation doivent être accompagnés par des personnels compétents de médiation et d’encadrement eux-mêmes engagés aux cotés de professeurs formés pour faire face aux
situations délicates et ainsi capables de dispenser leurs enseignements dans des conditions favorables à l’apprentissage. La question de la hauteur des moyens engagés ne doit pas être un tabou,
elle est évidemment proportionnelle aux chances que nous souhaitons, ou ne souhaitons pas donner à nos écoles les plus en difficultés. Si il existe une droite décomplexée au point d’envisager de
telles mesures avec un cynisme ahurissant reposant sur l’angoisse et les craintes naturelles des parents alors une gauche décomplexée elle aussi doit s’élever pour lui répondre.
La réponse des socialistes et claire et sans détour : nous connaissons les solutions durables et efficaces pour contenir et enrayer la violence dans les écoles alors donnons nous les moyens de
les appliquer. Nous disons que l’existence d’une éducation pour tous et la protection de nos enfants sont des priorités absolues et que venir en aide aux territoires les plus fragiles est un
enjeu majeur de l’avenir de notre pays. Il faut concentrer tous les moyens nécessaires à l’atteinte de ces objectifs. Ne pas faire ce choix c’est faire l’aveu que l’on poursuit d’autres
objectifs, différents ou inverses.
Si ces propositions s’appliquaient un jour, ceux qui les portent aujourd’hui pour d’obscures raisons devront en assumer demain les conséquences désastreuses.
Bruno JULLIARD
Secrétaire National du Parti Socialiste en charge de l'Education
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