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Les sorties et déclarations médiatiques de Nicolas Sarkozy en ce début d’année 2009 nous laissent craindre un durcissement politique de sa part tant sur la forme que sur le fond. Dans
la forme, l’on peut déjà s’interroger sur son goût immodéré pour les cérémonies quotidiennes de vœux qui permettent ainsi au Chef de l’Etat d’affirmer des opinions au mieux superficielles
(critiques à l’égard du soi-disant manque de « grands projets architecturaux »de la commune de Paris) et au pire inquiétantes (confier la maîtrise de l’instruction aux magistrats du
Parquet alors que ces derniers dépendent hiérarchiquement de la Garde des Sceaux) sur tous les types de sujets qui lui passent par la tête.
De même, le Président de la République ne dissimule pas son plaisir à annoncer une réforme majeure du fonctionnement de l’instruction judiciaire alors que sa Ministre de la Justice découvre au même moment les joies de l’accouchement, cette dernière n’ayant alors guère d’autre choix que de raccourcir son congé de maternité afin de prendre possession du dossier de cette réforme. D’autre part, comment ne pas manifester une légitime inquiétude quant au fait de soumettre le projet de Loi sur la Réforme de l’Audiovisuel à l’examen du Sénat alors que la suppression de la publicité sur les chaînes publiques se trouve déjà appliquée depuis quelques jours ?
Le Président de la République manifeste ainsi son mépris pour l’institution parlementaire en reconnaissant ses désirs bonapartistes voire monarchistes (il ne serait ainsi pas « un roi fainéant » comme ses prédécesseurs…). Quand l’Assemblée Nationale délibère trop longuement, il suffit alors de réduire son droit d’amendement…Circulez, il n’ y a rien à voir ! De plus, Nicolas Sarkozy semble privilégier l’expression publique et médiatique de ses conseillers hauts-fonctionnaires (Claude Guéant, Henri Guaino) au mépris de celle de ses ministres. La démocratie peut-elle s’accommoder d’une telle dérive technocratique ?
Le Sarkozy 2009 applique à nouveau sa stratégie d’occupation quotidienne de l’espace médiatique afin de donner l’impression d’une hyperactivité au bénéfice des Français. Cependant, la population serait bien avisée de constater qu’au-delà des gesticulations présidentielles, les réformes de l’Exécutif s’avèrent être autoritaires, bâclées et menées sans la moindre concertation réelle. En effet, des commissions de réflexion sont mises en place (Comité « Balladur » sur la réforme des collectivités territoriales) alors que les décisions sont déjà publiquement annoncées avant le début des entretiens de concertation (Cf Déclarations de Frédéric Lefebvre sur l’avenir des Départements et des Régions).
Sur le fond, Nicolas Sarkozy persiste et signe en matière de libéralisation de notre pays. En effet, il regrette dans un premier temps les dérives des marchés financiers tout en n’annonçant aucune réglementation contraignante du capitalisme. Enfin, le Président de la République déclare que la solution réside dans l’accélération des réformes de libéralisation (suppressions de milliers de postes d’enseignants, fermetures d’hôpitaux et de tribunaux « non rentables », baisse des concours financiers aux collectivités territoriales, diminution des impôts pour les plus riches, etc…).
Le Chef de l’Etat ne semble pas avoir tiré les leçons de la crise financière puisque sa vision
économique s’appuie toujours sur des « politiques de l’offre » au détriment de toute « politique de la demande ». Ce dernier
argumente que l’on ne saurait soutenir le pouvoir d’achat des ménages sans accroître le déficit commercial de notre pays ! Françaises, Français, vos consommations auraient la désagréable
habitude de favoriser les productions asiatiques délocalisées (mais oui rappelez-vous, ces entreprises friandes de taux de rentabilité à deux chiffres qui vous ont autrefois permis de goûter aux
plans sociaux et au chômage…). Les citoyens ne doivent rien attendre de positif de la part de l’Etat en 2009 et devraient plutôt lire les propositions de relance du pouvoir d’achat émises par le
Parti Socialiste. Rassurez-vous, 2012 finira bien par vous offrir le choix de l'alternance socialiste !
Philippe FRANK
Secrétaire de Section
philippe.frank@gmail.com
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