Les deux semaines passées ont été marquées par des drames à
l’hôpital. Le Parti socialiste a immédiatement réagi par la voix de Mireille LE CORRE, secrétaire nationale à la santé
et à la sécurité sociale, en apportant son soutien aux familles et aux personnels concernés, en demandant l’ouverture d’enquêtes visant à établir toute la
lumière sur ces drames, et en exigeant une concertation de la ministre avec les acteurs de la santé. Alors que le Parti socialiste se refuse à
instrumentaliser de tels drames, il s’oppose à ce que la ministre fasse porter la responsabilité de ces événements sur des seules fautes individuelles avant même de connaître les résultats
des enquêtes.
A très court terme, dans une
perspective de grands froids, le Parti socialiste demande que des lits médicaux soient ouverts en nombre suffisant sur l'ensemble du territoire pour
faire face à une éventuelle urgence sanitaire des plus démunis face au froid. La ministre a la responsabilité d’anticiper cette situation.
La droite n’entend pas la contestation croissante face à la crise de l’hôpital public, qui résulte pourtant de ses choix politiques depuis 6 ans. Le gouvernement a sciemment organisé le déficit budgétaire des hôpitaux notamment en faisant
progresser leurs moyens moins rapidement que l’inflation, mais aussi par les effets pervers de la tarification à l’activité et par le transfert des contraintes du secteur privé sur le secteur
public. En 2009, l’hôpital va finir
l’année comme en 2008, avec un déficit de près d’un milliard
d’euros. 20 000 emplois hospitaliers sont menacés. La droite semble s’étonner des problèmes de permanence des soins alors que c’est elle qui a supprimé les obligations des médecins en la
matière avec la réforme Mattei de 2003. Enfin, soit la ministre a une carte hospitalière dans ses tiroirs et elle doit alors la dévoiler par
transparence, soit elle n’en a pas et navigue donc à vue.
Le projet de loi BACHELOT (HPST) aggrave la situation de l’hôpital. Il présente le risque majeur de dérive vers un hôpital
« entreprise ». Cette logique de privatisation se traduit très précisément par : la redéfinition des missions de service public hospitalier avec la participation
indifférenciée des cliniques privées, une gouvernance de l’hôpital remettant en cause la démocratie sociale, sanitaire et locale, le développement de la rémunération individualisée des praticiens
hospitaliers…Le gouvernement prend le risque d’ajouter une crise sanitaire à la crise économique et sociale.
Le Parti socialiste refuse le plan social engagé par le gouvernement et ses déclinaisons en cours sur de nombreux territoires. Il exige le retrait du projet de
loi et un réel dialogue avec les acteurs
de la santé. Il prendra l’initiative d’une concertation avec tous les partenaires soucieux de l’avenir de l’hôpital public. Il proposera un plan de sauvegarde de l’hôpital. Des solutions de gauche existent, tant en matière de financement (plan d’apurement de la dette des hôpitaux
publics correspondant à 800 millions d’euros face aux 500 millions d’euros du bouclier fiscal…) que d’organisation (démocratie sociale, sanitaire et locale, valorisation du travail des
professionnels, droits des malades…). Ce plan poursuivra les objectifs de l’égal accès aux soins pour tous et de la
préservation de l’hôpital public au cœur de l’excellence du système de santé.
Communiqué du Bureau national, 06 janvier 2009
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