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J'ai le plaisir de mettre en ligne ci-dessous un communiqué du Parti Socialiste relatif au projet de loi sur l'audiovisuel public, qui permettra
ainsi aux Français de comprendre les raisons du "harcèlement parlementaire" assumé par le groupe socialiste de l'Assemblée Nationale. Concernant la volonté de Nicolas SARKOZY de supprimer la
publicité dans les chaînes de télévision publiques, combien de Français se sont naturellement posé la même question à savoir "mais quelle mouche a donc piqué le Président pour l'inciter à mener
une réforme de l'audiovisuel que personne ne demandait ?!" . La motivation secrète du Président de la République réside probablement dans sa faculté à prêter une oreille attentive aux intérêts de
la TF1 de son ami Martin Bouygues. En effet, il est troublant de constater que la disparition de la publicité sur les chaînes publiques contribuerait à accroître le prix de vente de la minute de
publicité de TF1. De plus, remplacer les revenus de publicité des chaînes publiques par des financements étatiques créera automatiquement une dépendance financière de ces dernières à l'égard du
gouvernement ; qui a dit que la dépendance économique aurait un impact sur la liberté de ton de ces medias ?! Philippe FRANK, Secrétaire de Section
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Le projet de loi sur l’audiovisuel public est en discussion à l’Assemblée nationale depuis le 25 novembre. Après la mobilisation des personnels des chaînes publiques, les députés socialistes
sont bien décidés à engager une bataille parlementaire, contre une réforme qui prévoit l’enterrement d’un secteur audiovisuel de qualité.
Le pire est à venir. Depuis le 8 janvier dernier et son annonce sur la suppression de la publicité sur le service public, Nicolas Sarkozy précise son plan. Et
ça n’a rien d’un plan de relance : suppression totale de la publicité d’ici 2011, nomination et révocation des dirigeants de l’audiovisuel public sur simple décret présidentiel. Presque un retour
à l’ORTF. Le chef de l’État ne fait pas de cadeau à l’audiovisuel public. En revanche, il gâte les chaînes privées. Elles devaient être taxées, à hauteur de 3%, sur les recettes publicitaires
pour aider au financement de France Télévisions. Une taxe divisée par deux, sur amendement d’un député UMP, après les doléances de TF1 et M6. « Non seulement TF1 veut récupérer les profits de la
publicité de la télévision publique, mais elle veut aussi être épargnée des taxes prévues en compensation. Les députés UMP qui n’ont rien à refuser au groupe Bouygues, se sont donc empressés
d’accéder à cette demande », dénonce Didier Mathus, député socialiste de Saône-et-Loire.
Les craintes grandissent face à une réforme que le pouvoir justifie par la nécessaire adaptation à l’ère numérique. Certaines chaînes de France Télévisions sont même menacées de disparition. À
entendre les députés UMP Jacques Myardo et Lionnel Luca, il est déjà temps d’envisager la suppression du journal télévisé de France 3, qui ferait « doublon » avec celui de France
2.
Mensonge d’État
Cette proposition n’est pas anodine. Malgré les promesses du gouvernement, le financement de l’audiovisuel public ne sera pas assuré en l’état. Même avec la taxe initialement prévue de 3% pour
les chaînes privées et une autre de 0,9% sur les opérateurs de téléphonie et Internet, il manquait déjà 450 millions d’euros. L’État s’en acquitterait ? Improbable. D’ailleurs le 26 novembre,
Gilles Carrez, député UMP et rapporteur général du budget, a dit très clairement que l’État n’aurait pas les moyens de garantir cette somme.
De plus, comme le regrettent huit membres de la Commission Copé (chargée de réfléchir à une nouvelle télévision publique) dans une tribune du Monde : « En aucun cas, cette somme ne peut financer
les émissions nouvelles qui remplaceront les espaces publicitaires et le développement : le passage au média global, tournant nécessaire si l’on veut faire de France Télévisions un média en phase
avec le numérique, qui révolutionne la production, la distribution, la diffusion et la consommation des images. Sans argent, cette transformation sera difficile, conflictuelle, mal comprise par
les personnels. »
Sans argent, il y aura des licenciements. En première ligne, les personnels embauchés au service publicitaire qu’il sera difficile de reconvertir en journalistes affirmés. D’autres charrettes
suivront quand disparaîtront les programmes jugés trop onéreux. Et France 3 pourrait tout particulièrement faire les frais de cette réforme, en étant rétrogradée à « une chaîne régionale à
vocation nationale ». C’est en tout cas ce que redoute
Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes de France 2 : « Nous souhaitons notamment que soit inscrite dans la loi, ce qui n’est pas le cas actuellement,
chacune des sociétés existantes. Car nous craignons que tout d’un coup, on nous dise : il y a une chaîne en trop ! » Difficile de ne pas se rappeler la colère de Nicolas Sarkozy, alors qu’il
était encore candidat à la présidentielle. Reçu à France 3, il avait lancé : Personne n’est là pour m’accueillir. Cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils
ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder ». Prémonitoire ?
Destruction massive
Une chose est sûre, la volonté de Nicolas Sarkozy n’est pas de trouver des solutions de financement pour l’avènement d’un secteur audiovisuel public de qualité. Pour les parlementaires
socialistes, « il cherche, sans complexe, à faire place nette pour que les chaînes privées puissent accaparer les ressources publicitaires libérées par France Télévisions, et devenir des groupes
multimédias puissants, dans le but apparent de rivaliser avec les groupes internationaux ». Avec ce projet de loi, la télévision de demain fera non seulement la part belle à de longs encarts
publicitaires, mais devrait aussi privilégier des programmes allégés en matière grise. Car il ne s’agit pas seulement de l’avenir de France Télévisions.
C’est le PAF tout entier qui est menacé. « La télévision privée, qui ne sera plus aiguillée par la télévision publique, dérivera vers ce qu’il y aura de pire. Nous allons vers des pratiques
ultra-commerciales comme c’est le cas en Italie, et vers l’appauvrissement général des contenus », estime encore Didier Mathus. À l’Assemblée, les socialistes ont donc déposé près de 500
amendements pour réclamer le retrait de ce texte et proposer d’autres mesures pour favoriser, avant tout, le pluralisme et l’indépendance des médias : réformer le CSA, prendre en compte le temps
de parole du chef de l’État, et surtout garantir un financement pérenne pour le secteur. Aujourd’hui, devant les intérêts privés, le service public est le garant d’une information authentique. Si
le pouvoir actuel continuait d’avancer avec des œillères, « il serait comptable devant l’histoire et devant le pays de destruction de service public. Ce serait une œuvre de destruction massive »,
prévient Dominique Pradalié.
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