Quand les Français
ont confié les rênes du pouvoir à Nicolas Sarkozy ils souhaitaient que ce dernier sache analyser les dysfonctionnements d'une économie mondialisée et financiarisée et qu'il ait également la
capacité d'anticiper sur les évolutions de ce système. Or, les déclarations suivantes discréditent la politique macroéconomique de l'équipe gouvernementale, tout en nous rappelant l'échec de la
Loi TEPA socle d'une vision ultra-libérale dépassée. La croissance économique était de 2,2 % en 2006, de 1,9 % en 2007 et devrait s'établir à 0,8 % pour l'année 2008. Nicolas SARKOZY n'avait-il
pas promis qu'il serait le "président du pouvoir d'achat", qu'il "irait chercher la croissance avec les dents" et que la Loi TEPA provoquerait "un choc de croissance" ?
Nicolas Sarkozy symbolise le "laissez-faire économique libéral" qui mène aujourd'hui le monde à la faillite. Il ne suffit pas de dénoncer à Toulon les effets dévastateurs d'un système économique
vénéré il y a encore un an par le candidat Sarkozy, il faut désormais restaurer le pouvoir étatique et plus généralement redonner la primauté à l'action politique.
L'économie ne doit pas constituer une fin en soi mais plutôt n'être qu'un moyen d'une politique publique visant au développement harmonieux de la société humaine. Dans un second temps, vous
pourrez lire les propositions du Parti Socialiste susceptibles de redonner moral et confiance à des acteurs économiques déboussolés. Assurément la définition collective des nouvelles politiques
de régulation s'observera au sein d'un Parti Socialiste réuni à Reims en novembre. Il appartient désormais aux Français(es) lassé(e)s par 6 ans de "casse sociale" conservatrice de rejoindre le
Parti Socialiste afin de contribuer à l'effort de refondation de notre économie.
Vous souhaitez connaître le bilan financier du bouclier fiscal à 50 % mis en place par le Président Sarkozy ? Et bien les chiffres parlent d'eux-mêmes : La somme de 155.672.000 Euros a été
partagée par 671 contribuables, soit environ 232.000 Euros chacun ! Une goutte d'eau pour des personnes disposant déjà d'un patrimoine de plus de 15 millions d'Euros. Un bouclier fiscal
bénéficiant au 0,04 % des contribuables français les plus favorisés. On peut affirmer que les seuls gagnants des 16 mois de mandat Sarkozy sont ces 671 contribuables les plus aisés, surtout quand
ces derniers ne contribuent pas au financement du RSA !
I - LES DECLARATIONS GOUVERNEMENTALES (2007 - 2008)
"Ces mouvements de marché ne sauraient affecter durablement la croissance de nos économies qui est robuste".
Nicolas Sarkozy, 16 août 2007.
"Il faut raison garder, ce n'est pas un krach". Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, 17 août 2007.
"Il y a un décalage entre une morosité des commentaires et la réalité du moral des entreprises et des ménages". François Fillon, 21 août 2007.
"L'INSEE prévoit une croissance faible au 2e trimestre. Nous, nous disons que l'INSEE est pessimiste". Eric
WOERTH, Ministre du Budget, 24 juin 2008.
"Je pense que l'on a le gros de la crise derrière nous". Christine LAGARDE, 20 août 2008.
"Le gros risque systémique craint par les places financières est derrière nous", Christine LAGARDE, 20 septembre 2008.
II - LES PROPOSITIONS SOCIALISTES D'AUJOURD'HUI
1 - Permettre l'accès au crédit des PME et des accédants à la propriété par la mise en place d'un Fonds National de garantie.
2 - Stimuler l'investissement des entreprises en baissant l'impôt sur les sociétés pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices et relever l'impôt sur les sociétés
pour celles qui distribuent leurs bénéfices sous forme de dividendes. Les profits doivent aller à l'investissement et non à l'alimentation du marché boursier.
3 - Soutenir le pouvoir d'achat en conditionnant l'allégement de charges à la conclusion d'accords portant sur des augmentations salariales dans les entreprises.
4 - Stimuler l'investissement public par les dotations aux collectivités locales. Il faut que ces dernières soient au minimum stabilisées et plus généralement augmentées.
5 - Convoquer un Conseil européen pour redéfinir les règles du système financier. Il faudrait lever un emprunt européen pour financer les dépenses d'infrastructures
susceptibles de soutenir la croissance dans cette période.
6 - Un nouveau "Bretton-Woods". L'exigence est de remettre de l'ordre dans les fluctuations des monnaies et de convoquer une conférence monétaire internationale pour les marges
de fluctuations.
Nicolas Sarkozy a beau jouer au visionnaire en déclarant que "cette crise marque la fin d’un
monde qui s’était construit sur la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide", il n'en résulte pas moins qu'il reste obnubilé par les vertus de la dérégulation et du démembrement des
services publics.
Philippe FRANK
Sources : L'Hebdo des Socialistes
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