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Nicolas Sarkozy lors du Discours de Toulon a fait part d'une analyse de la crise financière que la plupart des observateurs de gauche ou de droite constate. La finance
internationale devait subitement craindre l'implacable action régulatrice de Nicolas Sarkozy ! A la date d'aujourd'hui les seules perspectives évoquées concernent quelques modifications
techniques dans le mode de fonctionnement des marchés financiers internationaux. Le Parti Socialiste sera vigilant à suivre la réalité des régulations mises en place dans les semaines à
venir. En attendant, je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous la réaction de François Hollande.
Philippe FRANK
Le risque d’un krach européen
Les lumières du sommet de samedi à peine éteintes, c’est un lundi noir qui se dessine pour les bourses européennes qui perdent toute boussole. La question majeure aujourd’hui c’est de savoir s’il
y a un pilote, voire plusieurs, et s’il y a une direction.
Je comprends qu’il faille colmater les brèches, rassurer les épargnants, sauver les banques, mais si c’est le chacun pour soi et le coup par coup qui dominent, alors la crise va être longue et douloureuse en Europe.
La France ne donne pas d’ailleurs un très bon exemple : c’est elle qui a lancé l’idée d’un plan de 300 milliards d’euros pour ensuite l’abandonner en rase campagne devant le tollé qu’il avait pu susciter.
C’est Nicolas Sarkozy qui se vante d’avoir insufflé le pacte de stabilité, quand il n’a été fait rappel que des traités existants qui autorisent les dérogations en cas de circonstances exceptionnelles, et nous y sommes.
Aujourd’hui, c’est le président de la République qui téléphone à ses homologues, comme si la réunion de samedi n’avait servi à rien.
Ce ne sont pas simplement les systèmes bancaires qui sont en cause aujourd’hui. C’est l’Europe elle-même, sa capacité à défendre son modèle, mais surtout son unité.
On peut se gausser des USA, on peut même leur imputer la responsabilité de la crise, on peut mettre en cause ses dirigeants dans la situation du monde, mais c’est une puissance qui se comporte comme telle, y compris à notre détriment.
Aussi, plus que jamais, c’est d’Europe dont nous avons besoin. Le fait que ses dirigeants soient pour l’essentiel à droite n’est pas rassurant, mais si elle ne maîtrise pas aujourd’hui son destin, ce n’est pas simplement un krach financier qui est devant nous, mais un krach politique.
La gauche européenne doit se faire entendre. Et les élections au Parlement européen doivent être entièrement consacrées
à la régulation des marchés et à l’autorité politique qui doit les maîtriser.
François HOLLANDE
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