Partager l'article ! Regard sur nos voisins européens : la vie politique espagnole: Rôle du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (P.S.O.E) dans l ...
Rôle du
Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (P.S.O.E) dans l’Espagne démocratique.
Avant d’aborder le rôle joué par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, il faut, même brièvement, citer quelques fondements historiques et constitutionnels.
Des réformes et contre-réformes ont caractérisé le XIXe siècle espagnol. La constitution de 1812, promulguée dans la ville de Cadix, fut abolie par Ferdinand VII. Le principe de souveraineté nationale ne pourra se prévaloir sur celui de l’organisation politique de l’Ancien Régime.
Les conspirations, les sectarismes et les exils sont les lots quotidiens. L’enjeu se situe sur la souveraineté nationale, ce qui comportait la défense de deux principes : démocratie ou monarchie.
Pendant 22 ans, il y a eu des constitutions basées sur la souveraineté populaire contre 72 ans pour des constitutions qui mariaient la souveraineté entre monarchie et parlement. Les tensions séculaires et les inégalités sociales constituaient le soubassement des crises cycliques, des violences sociales, des changements de régime politique et des explosions de violence qui déboucheront sur guerre civile (1936-1937).
Dans ce parcours chaotique, le changement politique qui a eu lieu après la mort du général Franco en 1975 a été un modèle de transition politique vers la démocratie. L’Espagne vivra vers les années 70 un développement économique qui va permettre des ouvertures. La dictature devient obsolète.
Les lois, dites fondamentales, serviront pour l’élaboration de la loi pour la réforme politique, qui fera la jonction entre le passé et le nouveau régime démocratique.
C’est le gouvernement présidé par Adolfo Suárez (UCD) qui va mettre en place une politique qui permettra l’organisation des premières élections démocratiques en juin 1977. Le changement démocratique a été possible grâce à la modération, à la prudence de la plupart des forces politiques et sociales, au sens profond de la responsabilité de l’ensemble du peuple espagnol et à l’engagement résolu du roi Juan Carlos Ier.
C’est la Constitution de 1978 qui contribuera à la résolution des problèmes historiques qui pendant plus d’un siècle avaient mis des entraves à la coexistence entre les Espagnols. L’instauration du nouvel État des Autonomies, la réglementation du rôle de la Couronne ou la laïcité de l’État deviennent ainsi des éléments essentiels pour canaliser, à travers des moyens pacifiques, les conflits endémiques et non résolus.
Près de 150 partis ou coalitions participèrent à ces premières élections ; le système des autonomies et l’organisation du territoire de l’État permettant la présence des partis à caractère régional ou nationaliste. Aujourd’hui, il y a à peu près 2700 partis inscrits, mais peu comptent avec une représentation parlementaire. Parmi les principaux groupes parlementaires qui intègrent le Congrès des députés se trouve le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).
C’est le parti qui gouverne actuellement. Il est le plus ancien d’Espagne. Il a été créé en 1879 par Pablo Iglesias, qui allait également fonder, quelques années plus tard, le syndicat Union Générale des Travailleurs (UGT). En 1979, il abandonne ses postulats marxistes pour s’aligner sur les thèses de la plupart des forces sociales-démocrates d’Europe occidentale.
Il gagne la deuxième place lors des élections générales de 1977 et de 1979, devenant, dès lors, le principal parti de l’opposition. Aux élections municipales de 1979, il accède aux conseils municipaux des principales mairies du pays.
L’histoire du congrès de Suresnes à la présidence du gouvernement est rapide et intense.
En 1974, le PSOE célébra à Suresnes, sous la protection du maire socialiste Pontillon, son XIII et dernier congrès en exil. En Espagne les partis politiques n’étaient pas encore autorisés et donc soumis à la répression. Le Parti a élu à sa tête le jeune avocat de 32 ans, Felipe González, grand inconnu des Espagnols en raison de la censure de l’information. Mais ce jeune avait un parcours à l’intérieur du Parti. Sa personnalité politique se réveilla pendant ses années d’étudiant à la Faculté de droit et son travail à Séville. À partir de 1969, il commence à prendre des contacts avec le Parti à l’extérieur dirigé par Rodolfo Llopis. D’autres jeunes, qui l’entourent, prendront la direction du Parti et ils ajusteront les objectifs politiques à l’Espagne réelle, aux besoins et aux attentes du peuple espagnol.
En octobre, l’Espagne se trouvait entre l’inquiétude, l’incertitude et l’espoir. La tentative du coup d’État du 23 février 1981 et l’étonnant jugement des militaires impliqués, prédisposèrent les Espagnols à adopter une attitude de crainte à un nouveau coup d’état militaire. L’ETA continuait avec ses campagnes d’attentats. Le climat de peur se généralise. Le parti au pouvoir, l’UCD, se divise. Il est sur le point d’exploser à cause de ses multiples et graves crises internes qui finalement amèneront sa dissolution. La hausse du prix du pétrole et le ralentissement économique au niveau européen, se font sentir en Espagne par une inflation galopante et un chômage autour de 15%. L’Espagne rentre dans l’OTAN mais beaucoup de pays, dont la France, sont réticents devant sa demande d’entrée à la CEE.
Le Président Monsieur Calvo Sotelo convoqua les élections législatives avant la fin de la législature. La campagne électorale socialiste, sera menée par Alfonso Guerra. En octobre 1982, le P.S.O.E obtient la majorité absolue aux élections législatives avec 202 députés. Felipe González fêta 10 ans à la tête du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, en 1984. Une décennie, celle de la transition, qui mena le jeune Isidore (pseudonyme de Felipe González dans la clandestinité), de Suresnes, à la présidence du gouvernement espagnol. Une période qui restera dans la mémoire de l’Espagne contemporaine comme étant celle du grand saut historique de tout un peuple qui voulait sortir du déclin de la dictature.
Felipe conservera la majorité absolue jusqu’au scrutin de 1993, date à laquelle sa majorité devient relative. Il perdra les élections générales de mars 1996 face au Parti Populaire (PP), de Monsieur Aznar.
Pour les élections de 2000, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol se positionnera comme premier parti de l’opposition et comme le parti qui obtient le plus
de voix, ce qui n’est pas suffisant pour gouverner. Et c’est en 2004 qu’il gagne à nouveau les élections législatives en obtenant 164 députés et une majorité relative, avec José Luis Rodríguez
Zapatero, qui se maintient comme Président du gouvernement après les dernières élections de mars 2008.
Isabel FLORES-RACMACHERS,
Maire-Adjointe
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