Le 25 juin 2008 s'est tenu un Conseil Municipal Extraordinaire au Gymnase Léo Lagrange. L'ordre du jour principal de ce Conseil Municipal portait sur un projet ambitieux de rénovation
urbaine du Bois l'Abbé.
A ce sujet, nous publions ici le discours de Marie-Odile DUFOUR, Présidente du Groupe Socialiste du Conseil Municipal de Champigny.
CONSEIL MUNICIPAL DU 25 JUIN
GYMNASE LEO LAGRANGE
Projet du quartier du Bois l’Abbé
Monsieur le Maire, chers collègues, Mesdames et Messieurs,
La séance du Conseil Municipal de ce soir porte sur le projet de quartier du Bois l’Abbé. Se tenant au gymnase Léo Lagrange, au cœur même de ce quartier, elle prend un sens particulier.
La rénovation urbaine y a été engagée depuis quelque temps. Il s’agit aujourd’hui de poursuivre cette requalification, en préservant la mixité sociale et la présence d’équipements de qualité.
Pour répondre aux obligations de logements au lendemain de la deuxième guerre mondiale, cette paisible propriété qui dépendait de l’abbaye de Saint Maur depuis le Moyen-Âge, a vu ses bosquets millénaires laisser la place aux HLM de l’OPAC de la ville de Paris et des 3 F. Les grands ensembles censés permettre à la France de combler son retard en matière de construction se sont agglomérés sur ce périmètre.
La municipalité d’alors n’a pas été consultée sur l’opportunité d’une telle accélération en matière de constructions et donc d’un afflux exponentiel de population.
Néanmoins, pour accueillir et satisfaire aux besoins des occupants de ces nouveaux logements, la ville de Champigny a fait le choix de prendre en charge la réalisation d’équipements et de services publics, au sein du quartier. Le Conseil général et la Région se sont également engagés.
Aujourd’hui, 40 ans ont passé. Ces équipements et ces immeubles ont pris de l’âge et ce vieillissement du bâti nécessite une remise à neuf.
Les grandes lignes forces du projet viennent de nous être rappelées. Le coût du projet global est estimé à 300 millions d’euros.
Or, l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain (ANRU), créée pour soutenir les collectivités locales en 2003 ne dispose plus que d’une enveloppe de 80 millions d’euros, à partager entre trois villes : Champigny, Créteil et Bonneuil.
Eh bien, à l’évidence, le compte n’y est pas !
Afin de répondre aux besoins des habitants et de satisfaire aux exigences de modernité liées aux évolutions des normes (notamment en matière d’habitat, d’éducation, de voirie et autres), la Ville attend aujourd’hui de l’ANRU une enveloppe budgétaire de 125 millions d’euros.
Cette sommes est nécessaire si l’on considère l’importance des aménagements à engager ou à poursuivre.
L’Etat recule pour débloquer les crédits nécessaires….C’est simple, les caisses sont vides ! On nous l’a dit.
La dette publique est devenue extrêmement lourde, le déficit public catastrophique et la croissance promise inexistante (ou presque)…Et pourtant Monsieur Sarkozy devait aller la chercher avec les dents !
Le semblant de plan banlieue ne réglera en rien les questions de financements et ne garantira pas l’égalité des chances. Ce plan espoir que l’on peut qualifier « plan peau de chagrin » nous laisse sceptiques. Son innovation réside dans le fait qu’il ne fait pas appel à des moyens financiers, mais à l’humain. De qui se moque-t-on pour justifier que l’Etat restreint les crédits qu’il accord et contraint ainsi les collectivités locales soit à supporter les coûts des opérations urbaines d’envergure, soit à les abandonner?
OR, il n’en est pas question !
Si nous exigeons aujourd’hui de l’Etat des financements conséquents, c’est d’une part, pour réhabiliter ou reconstruire les logements (avec mise aux normes techniques et environnementales…), d’autre part pour remplacer les groupes scolaires qui doivent répondre au exigences en matière de sécurité et de pédagogie actuelles, pour les enfants, comme pour les enseignants.
Enfin, il s’agit d’effectuer des aménagements sur les voiries, cassant cet urbanisme inhumain qui encercle le quartier, soit près de 10 000 personnes enfermées dans cet espace, dit le Bois l’Abbé.
Assurer l’ouverture du Bois l’Abbé, c’est faire un appel, c’est relier ses habitants à ceux des quartiers riverains, c’est poursuivre sa mutation déjà entamée. Elle doit être poursuivie pour améliorer le quotidien et le bien-vivre ensemble des Campinoises et des Campinois qui y résident, dans un souci de réduction des inégalités qui se sont inévitablement installées en raison de la vétusté des bâtiments.
Soyez certains, Monsieur le Maire, chers Collègues, Mesdames et Messieurs ici présents, que nous serons à vos côtés pour exiger de l’Etat qu’il ne délaisse pas ce quartier dont l’avenir est un enjeu d’importance pour ses habitants. Oui, ils ont le droit d’y vivre dignement. Aussi, s’il le faut…..
Les Elus Socialistes et apparentés proposent que tous ensemble nous allions chercher les crédits et pourquoi pas avec les dents.
Marie-Odile DUFOUR
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