La fin de l’année est traditionnellement
symbolisée par les achats de Noel et les festivités du nouvel an. Or cette fin d’année 2007 a été parallèlement marquée par des images choquantes de SDF contraints à passer des nuits entières
dans la rue par des températures négatives.
De même, que penser de SDF tombant à l’eau sur les quais de Seine en raison de l’intervention des forces de l’ordre (intervention à la demande de Mme Boutin qui a ainsi caractérisé sa perception des problèmes de logement…) ? Toutefois, les médias, dans le souci de ne pas gâcher le « glamour » de Noel, tentent de calmer les inquiétudes de la population en diffusant les images d’une idylle naissante entre un président et une top model au sein du monde magique de Disney…
Alors au risque de passer à côté de l’un des épisodes de l’idylle présidentielle à Louxor en Egypte, j’ai souhaité chercher des informations officielles sur l’évolution et l’état de la pauvreté en France dans le but d’établir un bilan succinct à ce sujet au moyen de cet article. Selon l’observatoire des inégalités, la France compte 3,7 millions de pauvres selon les critères les plus restrictifs et 7,1 millions de pauvres selon une définition plus large. La part de personnes pauvres serait comprise entre 6,3 et 12,1 % de la population française. Selon cette même source d’information, la pauvreté change de visage en frappant davantage les jeunes, une partie des salariés les plus précaires et surtout les chômeurs mal indemnisés. Le taux de pauvreté était de 6,9 % quand Lionel Jospin a pris la tête du gouvernement en 1997 pour descendre à un taux de 5,9 % après 5 ans de politique socialiste (source : Observatoire des Inégalités, lien : www.inegalites.fr) . Depuis et après 5 ans et demi de politique de droite au gouvernement, ce taux de pauvreté est remonté à 6,3 %. Dans le même temps, le nombre d’allocataires du RMI s’est accru de 19,6 % entre 2002 et 2005 (source : INSEE).
Le Haut Commissaire aux Solidarités Actives, Martin Hirsch a reconnu que la hausse de la pauvreté correspond à 260.000 pauvres supplémentaires (source : l’Express). Parallèlement, les Restos du Coeur ont affirmé avoir servi 81,7 millions de repas à plus de 700.000 personnes au cours de leur campagne 2006-2007 ; le nombre de repas servis depuis la première campagne lancée par Coluche atteint un milliard ! (source : Squewel : Restos du Coeur, 23e campagne).
Selon l’article de l’Express du 15 novembre 2007, «la baisse globale du poids des prélèvements, en particulier de l’impôt sur le revenu, a profité davantage aux plus aisés, alors que les prestations des ménages les plus modestes ont en revanche peu évolué ».
Pour compléter l’affirmation de l’Express à ce sujet, j’aimerais rappeler que la baisse de 5 % de l’Impôt sur le Revenu pour toutes les tranches de revenus décidée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, avait abouti à une réduction nominale de 135 Euros du montant à verser pour une première tranche de revenus alors que la baisse du montant dû s’élevait à 15.000 Euros pour une tranche supérieure de revenus…
Pour revenir à des faits plus récents, Jean-Louis Borloo s’était engagé le 08 janvier 2007 à créer ou à transformer 27.000 places d’hébergement pour cette même année 2007 ; selon l’association Don Quichotte, le niveau de réalisation de cet engagement s’établit à 14.000 places…La réponse de Mme Boutin à cet engagement non tenu a été « la construction de logements, ça demande un petit peu de temps ».
Je serais tenté de répondre à Mme Boutin qu’il faut surtout allouer un vrai budget à la construction de logements pour tenir cet engagement, et que ce n’est pas en consacrant 15 milliards d’Euros à la réduction des impôts des plus riches (bouclier fiscal à 50 % de Sarkozy) que l’on peut s’attaquer à la réduction du nombre de SDF dans notre pays !
Pour conclure sur la vision étroite de Mme Boutin en matière de lutte contre la pauvreté, je rappellerai son hommage en faveur « du Secours Catholique, d’Emmaüs, de l’Armée du Salut (…) parce qu’eux ils ont vraiment les mains dans le cambouis » à l’exception de l’association des « Enfants de Don Quichotte » dont elle a dénoncé les « opérations médiatiques »…En effet, cette association des Enfants de Don Quichotte a eu le tort de ne pas se contenter de promesses d’hébergement et a osé critiqué l’action du gouvernement en matière de logement des plus démunis ! Enfin, les éloges de Mme Boutin ne peuvent que s’adresser à des associations « catholiques » ; il serait probablement inconcevable à ses yeux (comment oublier sa façon de brandir la bible dans l’hémicycle lors de l’examen de la loi sur le PACS en 1999) de rendre hommage à une association taxée de « gauchisme ».
L’objectif de cet article n’est pas d’affirmer de façon simpliste que la gauche a réussi sa lutte contre la pauvreté alors que la droite aurait échoué à ce sujet. Nous portons tous une part de responsabilité dans la persistance d’une pauvreté criante dans notre pays. Il est néanmoins évident à la lecture de statistiques officielles sur l’état social de la France que les politiques menées par les gouvernements successifs de droite ont eu pour effets de creuser les écarts de richesse existants au sein de la population. J’affirme que des réalisations essentielles du gouvernement de Lionel Jospin (création de la Couverture Maladie Universelle, création de la TIPP flottante fixant un niveau maximum du prix du litre des carburants, réduction de la TVA de 20,6 % à 19,6 %, suppression de la vignette automobile, etc…) ont eu des répercussions positives sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires.
En revanche, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy (dont les franchises médicales affectant la santé des plus modestes…) vont accentuer les difficultés financières des ménages, dans un contexte d’évolution durablement « haussière » des cours de matières premières (pétrole, produits alimentaires dont le blé) et des différents postes de dépense de ces ménages (hausse des prix des acquisitions et des loyers de l’immobilier bien au-delà du niveau de l’inflation). Le discours de Sarkozy, comme de la droite depuis toujours, a consisté en l’affirmation qu’une croissance économique forte provoquerait automatiquement une réduction de la pauvreté dans notre pays. Cependant, nous attendons depuis 5 ans et demi que se produise une forte croissance économique ; Sarkozy annonçait que ses mesures provoqueraient un « boom économique » et au final la croissance du PIB pour l’année 2007 ne dépassera pas 1,6 % ! Or, cette croissance économique, en plus d’être faible, reste toujours mal partagée ; de fait, les seuls gagnants de l’année 2007 sont les ménages les plus aisés ayant bénéficié du « bouclier fiscal à 50 % ». J’ose asséner en conclusion : la politique de Nicolas Sarkozy est économiquement inefficace en plus d’être socialement dangereuse et injuste.
Le Parti Socialiste avance d’ores et déjà « 10 propositions pour le pouvoir d’achat » qui permettraient de lutter contre l’appauvrissement programmé des classes moyennes et populaires ; ces propositions sont disponibles sur le site internet du Parti Socialiste : http://www.parti-socialiste.fr/
J’appelle enfin toutes les Campinoises et tous les Campinois qui refusent l’accroissement des inégalités dans ce pays et qui ont envie de chercher ensemble des solutions concrètes aux problèmes de société, à rejoindre la section socialiste de Champigny-sur-Marne.
Philippe FRANK. – 27/12/2007
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